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Les doigts dans la prise #17 : Face à l'accélération, des lieux, des relations

Tous les mois, l’équipe de PiNG met les doigts dans la prise et décrypte le numérique dans le cadre de la quotidienne Le Fil de l’histoire. Cette semaine Meven prend le micro pour nous parler de l’accélération de l’innovation technique et scientifique.

Pour écouter le podcast c’est par ici !

La 5G, 5ème génération de réseau mobile, nous promet le téléchargement d’un film en très haute définition en seulement quelques secondes. Mais déjà, des chercheurs imaginent, pour l’entreprise Huawei, un réseau 6G qui pourrait atteindre environ 8 000 fois la vitesse de la 5G.

Il est convenu de constater que tout accélère, l’innovation technologique presque autant que les débits internets. Un pseudo courant de pensée en a même fait un manifeste : En 2013, Alex Williams et Nick Srnicek publiaient le Manifeste pour une politique accélérationniste.
Pour ses auteurs, la transformation de la société doit venir d'une accélération du capitalisme et des processus qui y sont historiquement associés, plutôt que de son renversement.

D’après la revue Véloce, dans un article intitulé « l’impasse accélérationniste », ceux-ci visent également une intensification de la production de machines (data-center, ordinateurs, objets connectés, etc.), dans un monde où les ressources destinées à produire des composants électroniques sont au choix épuisées ou en voie d’épuisement. Alors que le ravage écologique s’accroît, ils font miroiter un paradis technologique entièrement automatisé et programment le dépassement du néolibéralisme par la multiplication des algorithmes et des interfaces.

Pas tout a fait ce que j’imaginais pour le monde d’après, et vous ?

En 2014, dans un documentaire intitulé l’Urgence de Ralentir, le réalisateur Philippe Borel se rendait auprès d’un homme avec une opinion bien différente de celle des accélérationnistes, le sociologue allemand Hartmut Rosa.

Rosa s’inscrit dans la lignée de la théorie critique de l’École de Francfort (à la suite d’auteurs comme Adorno ou Habermas…). Il est professeur à l’université Friedrich-Schiller de Iéna, et auteur de nombreux ouvrages dont Accélération. Une critique sociale du temps, Résonances et Rendre le monde indisponible aux éditions La Découverte.

Dans Accélération, en essayant de répondre à la question « pourquoi n’avons-nous jamais le temps alors que nous en gagnons toujours plus », il posait un diagnostic sévère sur notre modernité capitaliste, caractérisée par l’accélération de l’innovation technique et scientifique, des rythmes de vie et des transformations culturelles et sociales.

Pourtant pour Hartmut Rosa, la solution n’est pas de ralentir. Comme il l’explique dans un entretien donné en avril 2020 à Libération, pour lui la clé n’est pas dans la décélération mais dans la relation aux autres et aux choses. En effet, depuis quelques années, le sociologue développe le concept de résonance, théorisé dans son livre Résonance, une sociologie de la relation au monde :
« Le concept [de résonance] désigne une capacité à s’approprier le monde, quand quelque chose, quelqu’un nous touche, fait vibrer corps et âme, et que le monde et nous-mêmes en ressortons transformés. Une expérience qui nécessite une forme d’indisponibilité dans une époque où tout est rendu disponible en un clic… ».

Ainsi, même si Hartmut Rosa souligne que « la promesse d’extension du visible, de l’accessible et de l’atteignable se retrouve dans toute l’histoire des techniques. », il remarque qu’avec les technologies numériques, et notamment le smartphone « il s’agit d’une explosion inouïe de l’accessibilité, de la disponibilité : nos amis et relations, tout un savoir mondial, toutes les données sont à portée d’un simple clic. Nous portons le monde dans la main ». « Toute cette mise à disposition étend notre efficacité sur nous-mêmes parfois jusqu’à la toute-puissance. En un clic, je peux allumer, éteindre la lumière, allumer, éteindre le chauffage à distance, ouvrir des portes. Cette toute-puissance est parfois trompeuse car si le téléphone ne fonctionne plus, je ne peux même plus ouvrir une porte, je ne peux joindre personne, je suis perdu, coincé. Avec la technologie, il y a toujours le risque que cette toute-puissance se transforme en impuissance. Ce qui définit notre rapport moderne au monde, c’est justement ce constant renversement de la toute-puissance à l’impuissance. »

Face à ce constat, entre l’accélération sociale, le manque de temps permanent, et une disponibilité du monde qui risque à chaque instant de se retourner en impuissance, Hartmut Rosa appelle à rendre le monde indisponible et à cultiver les espaces de résonance : Par exemple dans la ferveur sportive d’un match de foot, dans l’intimité d’un concert de piano, ou encore, comme nous essayons de le faire avec l’association PiNG, dans des tiers-lieux où l’on peut venir cultiver son autonomie face aux technologies, prendre le temps de la réflexion, partager, créer, et nous relier.

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